3. Les fleurs de cannes.


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Retrouvez la présentation et la liste des chapitres de Recolore mon monde sur cette page: Recolore mon monde.

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Les fleurs de canne à sucre…

Cette année, j’ai failli ne pas m’en rendre compte, mais c’est à nouveau la saison des fleurs de canne. Cela fait remonter des souvenirs en moi… Je ne sais pas si ma mémoire a tout enjolivé, mais je suppose qu’au moins, on ne ment pas sur les sensations qu’on ressent, tu ne crois pas? fleurs de canne.png

Ça me semble lointain, mais proche à la fois.

À cette époque, il y avait encore des champs de cannes à sucre tout autour. Moins de murs, moins de clôtures, moins de barrières… et tellement plus de gaieté, de liberté et de lumière… Les éléments, les gens…  et même le temps semblait plus apaisé.

À cette époque, nous n’avions pas besoin de montres, ni de téléphones portables, cette époque où je pouvais encore compter sur la hauteur du soleil et le son des animaux pour rythmer ma journée. Les hirondelles, alignées sur les fils, nous annonçaient la pluie. Et puis, quand le soleil l’indiquait, on devait rentrer. C’est ainsi que passait la journée.

Tu sais, maintenant, je ne vois même plus le soleil se coucher. Et puis, je crois que même les hirondelles ont déserté…

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L’autre jour, sur le chemin du retour, j’y ai repensé. Tu sais, à ce jour là…

Si banal et pourtant… On était allé se promener, il faisait beau. – Il pleut aujourd’hui. – On avait pris le petit chemin habituel entouré de cannes.

Tu savais que j’allais revenir avec une gerbe de fleurs de cannes à sucre, il fallait que ça arrive au moins une fois par an ! Bien entendu, je n’arrivais pas à les cueillir moi même, alors tu grognais, tu disais qu’à peine cueillies, elles allaient faner, s’émietter, faire éternuer tout le monde, tu me laissais sauter pour essayer de les attraper sans faire tomber la canne… je ne faisais même pas exprès de les secouer, mais déjà leurs petites plumes rosées se mettaient à voler… et puis finalement, tu les cueillais pour moi.

Je me souviens encore des couleurs de ce jour là, du vent et de l’odeur de l’air. Et puis, des fauteuils en rotin sur lesquels j’avais dû reconnaître que tu avais raison. Quand tu étais là, quand le monde était vrai, quand le monde était coloré…

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Pourtant, en cette fin d’après midi là, le ciel avait fini par se couvrir, mais les hirondelles étaient là, comme pour nous dire de rentrer avant la pluie…

Je ne le fais plus, maintenant. Pourtant, à chaque fois, j’ai cette même envie de cueillir ces fleurs; les regarder briller dans la lumière du soleil, quand il décline et prend une teinte orangée… J’ai toujours trouvé que dans les champs, elles ressemblent à des milliers de chandelles qui s’illuminent et brillent. Tu aurais dit que justement, c’est dans les champs qu’elles sont le mieux. Mais quelque part, j’ai toujours voulu décrocher la Lune, tu le sais, n’est-ce pas? Juste parce qu’elle est si belle, juste pour la tenir entre mes mains. En voyant ces fleurs, leur belle couleur d’or rose… mes yeux brillent du même éclat, à chaque fois.

Depuis, je les vois tous les jours. Maintenant que j’y pense, c’est étrange que les cannes fleurissent en hiver, alors qu’elle ne le font qu’une seule fois par an… peut-être que c’est parce qu’on a pas de printemps.

Parfois, je ne sais pas quoi faire de tous ces souvenirs…

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« And who’ll hear the echoes of stories never told?

Let them ring out loud ’till they unfold… »

Melodies of Life.

Dis moi, que deviennent les souvenirs lorsqu’ils ne sont pas contés ? Quand on a ni photo, ni film, et que personne d’autre que nous ne s’en souvient ? Est-ce qu’ils finissent par disparaître ?

Est-ce qu’on doit en faire des chansons, comme font les bardes dans les histoires? Les chanter encore et encore jusqu’à ce qu’ils soient ancrés dans la mémoire collective ?

 » Les gens absents,

  C’est bien ça l’ennuyeux

  Ils tournent tout le temps

  Là devant nos yeux…

~

  On croyait défaire

  L’étreinte d’un coup sec,

  Et puis finalement

  On se réveille avec… »

Les Gens Absents.

Je me suis toujours dit qu’il y avait une chanson de Francis Cabrel pour chaque saison, pour chaque moment de la vie. Naissance, rencontre, départ, vieillesse, erreurs, amour éternel… Et pour moi, beaucoup parlent de toi. J’aurai préféré qu’aujourd’hui ce ne soit pas celle là.

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