7. Une fougère sur la coulée de lave.


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Retrouvez la présentation et la liste des chapitres de Recolore mon monde sur cette page: Recolore mon monde.

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Tu te souviens de la promesse que je t’ai faite?

Aujourd’hui, je  me sens pleine de courage. Aujourd’hui, j’ai l’impression que je pourrais, non pas t’oublier, mais vivre selon ce qu’on a imaginé. Pour toi, pour nous… mais surtout pour moi. Et surtout, aujourd’hui, j’ai l’impression que beaucoup de ce qu’on avait avant existe toujours. Il m’arrive même de revoir tout ça, presque comme avant. Tu sais que je n’ai jamais été insensible à toutes ces petites choses, n’est-ce pas? J’ai même l’impression qu’aujourd’hui, je comprends encore mieux le message d’une nuée d’hirondelles, d’un rayon de soleil sur une fleur de canne ou encore de la course d’un nuage. Parfois même, j’en ai les larmes aux yeux.

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« Je me sens si fort, aujourd’hui. J’ai le soleil au bout des bras, je pense à toi beaucoup trop… » Je reviens bientôt, Francis Cabrel.

Tu représentais mon bonheur, comme s’il pouvait dépendre d’une seule chose. Maintenant, Bonheur, je peux te dire tout ça, sans honte et sans peur. J’ai… juste l’impression que c’est un peu tard.

Depuis quelque temps, je regarde les fleurs de cannes, bientôt il n’y en aura plus. Plus pour cette année. En les regardant, je ne peux pas m’empêcher de ressentir une douce quiétude. J’ai l’impression qu’elle ne veulent plus m’agresser. Bien sur, elles font remonter en moi cette étrange mélancolie, mais elle se fait plus douce, plus amicale. Elle ne me fait plus autant ressentir ce trou noir qui déchire mon âme et qui m’enserre l’estomac. J’en ai fait une amie. Amie capricieuse, mais une amie fidèle.

Je me suis rendue compte que je suis vraiment comme le renard, qu’on s’est apprivoisés elle et moi; et que je la connais à présent. La mélancolie. J’y trouve même parfois le réconfort de ce qu’on « connaît ».

« On ne connaît que les choses que l’on apprivoise. »

Le petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry.

Je vais te dire quelque chose, c’est étrange, je sais, mais je ne me sens jamais parfaitement tranquille, quand je me sens bien.

Je crois que je traîne ça depuis un bon moment, à présent. Malgré moi. Et alors que je suis heureuse, je m’arrête, bloquée, enfermée dans un moment que je suis la seule à voir et à comprendre. J’ai encore l’impression d’être suspendue, mais je sais que c’est moi même qui tiens les ronces qui me blessent les mains.

Je me méfie de ces moments. Ces moments où on a l’impression que tout semble aller bien, que tout est en ordre. J’ai l’impression que ça ne peut pas durer et je m’attends au pire. Alors même qu’un bonheur généreux s’offre à moi, je savoure ces moments à la petite cuillère, guettant ce qui pourrait venir me l’arracher. Mais je crois que je les savoure quand même, tu sais? C’est surtout après; quand les choses se calment, que je ressens cette angoisse. Je me sens coupable, comme si le téléphone allait sonner pour me dire que j’avais tort de rire, qu’un autre bout du monde s’écroule et que j’étais en train de le fêter sans le savoir.

Ça me rappelle une autre chanson. Ce n’est pas nouveau, n’est-ce pas? Même quand tu étais là, je me retrouvais déjà là dedans. Mais avec le temps, ça n’a fait que grandir.

« Je n’ai pas grand chose à  te dire;
Et pas grand chose pour te faire rire.
Car j’imagine toujours le pire,
Et le meilleur me fait souffrir »

J’ai demandé à la Lune, interprété par Indochine; paroles de Mickaël Furnon.

Il faut que ça s’arrête, on ne doit laisser grandir sans s’arrêter que les bonnes choses. Ces lianes de l’insécurité, qui poussent si rapidement, si on les laisse faire, elles peuvent étouffer les plantes les plus fragiles. Et j’ai l’impression que le bonheur est une plante parfois si fragile…

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Tu sais que je cherche des bouts de toi dans chaque personne que je rencontre?

Je commence à comprendre… comprendre que c’est aussi ça qui me ferme beaucoup de porte. Mais, personne ne m’a appris à oublier; ni même à vivre avec. Personne ne peut nous l’apprendre, pas vrai? C’est quelque chose que l’on doit trouver soi même.

Et tout n’est pas si morne. À part ça, je vais bien.

Voir les gens heureux, les voir réussir et toucher à leur rêves me donne aussi du courage. Je me dis que c’est en le voulant qu’on y arrive. Et dans les moments comme aujourd’hui, je le ressens de toutes mes forces! Je suppose que la route de ces gens, qui réussissent n’a pas été aussi facile qu’elle semble à nos yeux extérieurs. Pourtant, ils l’ont fait! Alors je me sens pleine de courage.

Tu sais, on dit que les plus belles plantes fleurissent dans l’adversité. Et moi je sais que même sur une terre brûlée, la nature reprend ses droits, comme les fougères sur les coulées de lave. Je sais qu’on en est capables, que j’en suis capable.

« La fleur qui fleurit dans l’adversité est la plus rare et la plus belle de toutes. »

Mulan.

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J’aime le message que racontent les fougères qui poussent sur les coulées de lave…

Une fougère sur une coulée de lave, voilà peut-être à quoi doit ressembler le bonheur…

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