8. Ces chemins.


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Retrouvez la présentation et la liste des chapitres de Recolore mon monde sur cette page: Recolore mon monde.

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Un souvenir vient de ressurgir, je ne sais pas vraiment d’où, encore moins pourquoi.

Je repensais à ces matins… quand je prenais le bus pour aller à l’université. Je sortais et au lieu de prendre la même route que les autres, je passais par un sentier dans l’herbe… Je trouvais que c’était plus simple, plus agréable de passer par là, au lieu du trottoir que tout le monde empruntait. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils le prenaient, alors qu’ils ne pouvaient même pas marcher au rythme qu’ils souhaitaient. Quand j’y passais, je voyais les autres, tous les autres, prendre le même chemin. Personne ne prenait ce sentier juste à quelques mètres. Alors pourquoi moi je le prenais?

Et tu sais ce que je me disais alors?

Je me disais que même si les autres prennent tous l’autre route, ça ne voulait pas dire que c’était la meilleure. J’étais peut-être seule à marcher là, à ce moment précis, mais ça ne voulait pas dire que c’était le mauvais chemin.

Je n’y avais jamais pensé. Mais, aujourd’hui, alors que ce bout de vie n’existe plus que dans mes souvenirs, et que ce lieu est très loin; je me rends compte que je n’étais pas la seule à l’emprunter, mais qu’une quantité assez importante de gens y passaient eux aussi. Il y avait là une preuve indéniable, même si j’aurai finalement pris beaucoup de temps pour le comprendre: la terre était visible sous les brins d’herbe parsemés, alors qu’une herbe verte et dense poussait tout autour.

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C’était bien la preuve que je n’étais pas la seule à passer par là.

Mais c’est autre chose qui me préoccupe à présent: à cette époque, je savais où j’allais. Dans ce temps là, j’avais l’assurance que ce chemin était pour moi bien meilleur que celui des autres, juste parce que je savais que je devais passer par là… mais j’ai perdu cette assurance en route. Je ne sais même pas quand. J’avançais, j’avançais… et même si il y avait des obstacles je me contentais souvent de continuer en les évitant, même si ça me faisait reculer un peu, parfois…

Et puis un jour, j’ai regardé autour de moi. Je ne voyais plus le chemin, comme quand on se retrouve dans une forêt et qu’on a que des morceaux de pistes, on ne sait pas vraiment où aller et on sait qu’on risque de se retrouver dans un cul-de-sac. Même si mon objectif est là, quelque part en moi; je me sens parfois perdue dans une multitude de chemins… et je ne sais même pas s’ils pourraient me mener à cet objectif.

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Je commence à croire que la vie est comme un labyrinthe… et nos projets comme des mirages.

On choisit des chemins qu’on prend à l’aveuglette et on chérit les images d’un objectif à atteindre, on doit suivre la route sans savoir si elles vont s’effacer ou laisser place à la vraie oasis.

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Heureusement, même quand on se perd, on a parfois de jolies surprises.

Moi, quand l’image de mon Oasis s’est effacée, j’ai tellement pleuré au fond de moi, que j’ai dû créer une nouvelle oasis…

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J’ai laissé des Delphiniums pousser et fleurir dans mon âme, ils ont dû se nourrir de l’humidité de tant de larmes…

Maintenant, je veux retrouver toutes ces couleurs qui ont été lessivées par toutes les larmes que j’ai versées. Et tu sais, je l’ai fait égoïstement, j’ai pleuré sur mon propre sort, sur moi et… sur l’avenir de mon passé.

Maintenant, et à chaque fois que je rêve de toi, comme sur une autre ligne de temps… en me réveillant, je sais qu’il faut que j’avance, même si je ne vois pas le chemin devant. Parce que je suis ici, et parce que c’est tout ce que j’ai… et que je sais que c’est déjà beaucoup.

Ces couleurs, je sais qu’elles se battent pour revenir, plus fortes et plus vibrantes que jamais.

Je continue à te dessiner, et je vois ton sourire, pourtant tu faisais souvent la tête. Moi, je veux voir des sourires partout. Dis moi, comment est-ce que je peux faire? C’est comme si tout était tapissé de Myosotis, qui criaient « ne m’oublie pas ». Et pourtant, c’est là que je retrouve toutes les couleurs du monde…

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Tu crois que je suis « malade »?

Le temps ne nous permet pas vraiment de panser nos blessures, de guerir… tout le monde nous y pousse, tout le monde semble y trouver son compte… mais sous le cache-misère qu’on met sur ces blessures, reste une plaie béante. Je refuse de laisser ça comme ça. Je veux trouver un moyen de guérir, de faire de ma peine une perle.

C’est pour ça que je n’abandonne pas.

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