Le Garçon et la Bête.

Pour commencer, je dois vous dire que si je n’ai pas une très grande culture anime, malgré tout l’engouement que j’ai pour l’animation japonaise… je me soigne ! C’est aussi pour ça que j’ai envie de partager tout cela avec vous. J’ai repris mes petites découvertes avec tellement de plaisir… que j’espère que je vous donnerai envie de regarder ces films ou de les revoir, qui sait ?

Bien, commençons sans plus tarder.

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De son titre original Bakemono no ko, Le Garçon et la Bête a été réalisé par Monsieur Hosoda Mamoru, réalisateur que j’ai découvert personnellement avec l’anime La Traversée du temps (dont j’aimerai parler dans un prochain article).

Il s’adresse à un public large. Mais il y a quand même quelques scènes un peu dures pour les plus jeunes. Un parent averti en vaut deux! Mais n’hésitez pas à le regarder seuls et ça sera à vous de juger si le film convient à vos enfants ou non. Qui mieux que vous pouvez connaitre la sensibilité de vos enfants, frères et soeurs? On va donc dire plus génériquement: « de 7 à 77 ans »…

Cet anime est sorti en France (au cinéma!) en janvier 2016 et dure 1heure et 58minutes. C’est un film mêlant merveilleusement bien le monde fantastique et « ordinaire », dans la pure tradition des anime japonais. Un monde à la fois poétique, étrange et très « humain ».

Je ne l’ai vu que récemment, pour ma part. Si cet anime a éveillé ma curiosité, c’est avant tout pour une raison très futile, j’en avais vu les affiches sur des photos de voyage de ma meilleure amie, lorsqu’elle visitait le Japon, où le film venait de sortir sur les grands écrans. Mais je suis loin de regretter ce petit rappel et clin d’œil de ma mémoire.

Passons aux choses sérieuses, si vous voulez bien.

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~ Un garçon, une bête ? ~

Tokyo, Japon.

Quelque part, dans le quartier de Shibuya… Ren, garçon de neuf ans, vient de perdre sa mère avec qui il vivait seul, se sentant incompris et abandonné, il s’enfuit. Ignorant tout du monde des bêtes…

Au même moment, dans le Royaume des Bêtes, Kumatetsu, grand guerrier à la réputation douteuse, cherche un disciple afin de pouvoir participer à une confrontation qui déterminera le nouveau Seigneur de son pays.

De passage dans le monde des humains, Kumatetsu rencontre Ren, alors qu’il erre dans les rues de Shibuya, et décide d’en faire son disciple. Commence alors une aventure qui va s’avérer déterminante pour le destin de ces deux protagonistes.

Affaire à suivre!

~ Des Personnages, des lieux, une ambiance ~

☆ J’ai trouvé les personnages attachants. Ils ont une vivacité de caractère que j’ai beaucoup appréciée, et j’ai personnellement pu m’identifier à eux assez facilement. Le fort caractère de certains personnage est tempéré par d’autres caractère plus souples et mesurés, ce qui donne un joli jeu de rythmes dans les scènes.

Comme l’indique le titre, les personnages sont essentiellement de deux catégories: les humains, et les bêtes. Si les animaux humanisés sont votre bête noire, alors vous grimacerez peut-être de primes abords, mais si vous osez vous risquer à passer outre ce fait, vous découvrirez un monde merveilleux. Sans doute bien plus « humain » que le monde ordinaire. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet pour le moment, nous verrons cela plus en détail plus bas.

Le Garçon et la Bête est doté d’une animation fluide, efficace et agréable à regarder. Bien sûr, vous jugerez vous même de l’esthétisme des personnages, mais pour ce qui est des deux principaux protagonistes, je n’ai pas été déçue!

Comme dans beaucoup d’anime, que ce soit les séries ou les films, le style et la qualité de l’animation change selon les scènes; essentiellement dans les scènes de transition, et il y en a quelques unes… mais cela n’altère en rien la cohérence et la beauté de l’animation en elle même.

☆ L’ambiance musicale ne m’a pas vraiment marquée. Elle est souvent couverte par l’entraînement dans l’action et pour ce qui est de l’accompagnement, rien ne m’a choqué. Mais rares sont les moments où j’ai vraiment remarqué la musique.

☆ Plus généralement, j’ai trouvé quelques petites ressemblances avec le célèbre Voyage de Chihiro. Dans le genre, déjà, un voyage initiatique qui commence par la « perte » de parents. Mais il y a aussi quelques petits clins d’œil ; tels que le fait qu’à l’instar de Yubaba, Kumatetsu renomme son jeune apprenti « Kyuuta » à son arrivée dans le monde des Bêtes. Il pourrait y avoir aussi quelques petites ressemblances avec Les Contes de Terremer… Dans la partie « antagoniste » surtout, à mes yeux.

Pour autant, ces petites similitudes et autres petites correspondances, ne gâchent en rien l’originalité de ce film ; bien au contraire. C’est un film rafraîchissant, plein d’humour et un florilège d’émotions, si tant est que vous vous laissez guider. Vous savez…

« Don’t think, feel. »

~ Les autres points forts: ~

♡   J’ai apprécié le fait que l’on suive les personnages sur plusieurs années. On peut donc les voir évoluer, bien que ce soit allé un peu vite à mon goût. Mais il m’aurait fallu un film à rallonge… je vous l’avoue.

♡   Le côté émotionnel (variable selon les gens)… est assez accrocheur. On rit, on grince des dents (au sens figuré, je vous rassure, je ne veux pas vous envoyer chez le dentiste), les plus émotifs auront sans doute la larme à l’œil à un moment ou à un autre… Un bon film, comme je les aime.

~

C’est ici que vous devrez arrêter votre lecture si vous souhaitez regarder le film sans plus de révélations, la partie qui suit révèle une grande partie du scénario, mais entre aussi un peu plus profondément dans les thématiques que traite le film. Je vous invite cependant à revenir une fois que vous aurez vu le film! Ou si ce que j’ai dit plus tôt ne vous a pas donné assez envie, alors vous pouvez lire ce qui suit, et tout de même apprécier le film si vous êtes finalement convaincus!

Alors à bientôt ou bonne continuation (sous le dessin)!

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~ Aller plus loin… ~

Le Royaume des Bêtes serait-il plus « humain » que le monde des Hommes ?

J’aurai mis longtemps à comprendre pourquoi « humaniser » des animaux de la sorte, leur donner un langage humain, les faire marcher sur deux pattes et leur donner des sentiments humains. À présent, j’ai appris à voir ces films où les bêtes sont « humanisées » d’une manière différente. Je suppose que l’on n’y pense pas forcément de manière générale. Pourtant cela montre un autre point de vue sur le monde animal. Mais revenons à nos moutons…

Plus précisément dans ce film, il est question de « la part de ténèbres » qu’on trouve dans le cœur des humains, qu’on ne retrouve à priori pas dans le cœur des bêtes ; et qui va engendrer pas mal de dégâts dans les deux mondes.

En effet, Ichirouhiko, qui a été élevé dans le monde des Bête et n’a connu que ça, a gardé cette part de noirceur dans son cœur, et elle ne manque pas de se faire une grande place en son temps.

Au contraire, en criant sa haine pour le monde entier, le jeune Ren a laissé cette part de son être dans les rues froides de Shibuya. C’est lorsqu’il est tiraillé et perdu; errant à nouveau dans les rues de Shibuya qu’il retrouve sa part de ténèbres. En effet à ce moment, il a remis en cause sa relation avec Kumatetsu, son père d’adoption. Il se revoit petit et perdu.

On retrouve bien cette dimension ténébreuse des êtres humains. La jalousie, la colère, le ressentiment, la déception aussi… et tout ce que ces sentiments apportent comme troubles. Sentiments dont semblent dénués les bêtes, à l’image du plus jeune fils de Iouzen, qui en dépit des choses qui auraient pu les séparer devient un véritable ami de Kyuuta.

Qui sont les vrais parents? La vraie famille…

Un autre aspect évident qui est traité dans ce film est la relation parents/enfant, la parentalité dans son ensemble, même. Mais aussi la solitude et comment apprivoiser l’autre.

Ren se retrouve seul lorsque l’unique parent qu’il a encore à ses côté décède. Son père a disparu de son paysage et il refuse la parentalité froide que lui offrent ses nouveaux tuteurs. « Tu ne manquera de rien avec nous »… voilà une phrase bien présomptueuse de leur part, la promesse d’un héritage augmente encore plus ce sentiment qu’il n’aura chez ces personnes (dont on ne voit pas le visage!) qu’un rapport froid, simulacre de parentalité.

De l’autre côté il rencontre Kumatetsu, qui est fier, égoïste et qui ne connait rien à la parentalité. Il ne lui fait aucune promesse, il ne calcule rien. Et c’est en cette personne que va naître le « papa ». Kumatetsu est un bien piètre maître, jusqu’à ce qu’il comprenne (non sans aide) qu’il lui faut donner à son apprenti ce qu’il aurait aimé recevoir, alors qu’il était aussi seul et perdu que lui.

Alors que Ren, devenu Kyuuta, cherche à l’imiter et à le suivre comme un poussin suit sa mère; au fur et à mesure, un lien se tisse, sans se révéler au grand jour. Un lien entre ce père et ce fils apprivoisés, silencieux et fier…

Lorsque Ren renoue le contact avec son père humain, il est perdu, comme au moment de sa fuite. Ce père dont il a tant manqué est devant lui à nouveau, plein de bonne volonté et repenti. Pourtant, il se rend compte qu’il ne sait rien de lui. C’est un étranger, alors que de son côté, Kumatetsu le connaît. Finalement, c’est lui son père, celui qui l’a élevé et il s’en rend compte. Il lui faudra du temps pour renouer le contact avec son père biologique, ce qui ne se fera véritablement qu’à la « disparition » de Kumatetsu.

♥  Kaede comme miroir de ce qu’il aurait pu être… amie… et amour peut-être?

Sa rencontre avec Kaede se fait de manière naturelle, sur quelque chose qu’ils ont en commun: la soif d’apprendre. Bien qu’elle soit assez différente chez l’un et l’autre: Ren veut apprendre pour rattraper ce qu’il a manqué; alors que Kaede le fait au début essentiellement pour combler les attentes de ses parents. Mais à mes yeux, la rencontre avec Ren change quasi immédiatement la relation au savoir de Kaede, elle ose enfin exprimer ses propres souhaits, parce qu’il lui a montré la voie. Juste en étant lui même, en osant demander de l’aide et se montrant persévérant.

Une amitié certaine se crée entre ces deux là, et quelque part, la confiance mutuelle et le besoin de se protéger l’un l’autre qu’ils ont presqu’intentanément, peut laisser penser qu’il y a peut-être un peu plus que de l’amitié. Ce qui est d’ailleurs augmenté encore par la scène où Ren retrouve ce ressentiment typiquement humain qu’il avait laissé et oublié dans les rues de Shibuya, le soir de sa fuite; et qu’il est pris de pulsions violentes. Et à la fin, c’est grâce à Kaede et à son marque page noué autour de son poignet qu’il réussit à reprendre le dessus. Un pense-bête, mais aussi le souvenir d’une promesse faite entre les deux jeunes gens.

Le symbole du marque page noué autour du bras, comme un relais qu’ils se passent au fur et à mesure représente aussi bien l’amitié et le besoin de partager. Il montre bien qu’avec des petits gestes, même une aide très éphémère peut changer les choses. La force des êtres humains est aussi là.

Le reste est laissé à notre imagination.

♥  Autres thèmes mineurs.

Le film contient de nombreux autres thèmes, abordés de manière plus superficielle:

  • Le harcèlement scolaire, thème récurrent dans les films japonais. Malheureusement il ne donne pas de clés pour y remédier, contrairement à d’autres œuvres, dont une dont j’aimerai vous parler prochainement.
  • Ce qu’apporte le savoir. C’est assez discutable… il est possible que ce thème soit quand même assez bien traité dans le film. Mais de même, il ne « prouve » pas fondamentalement combien le savoir est une clé pour avancer.
  • Le lien avec « une petite bête » même sans avoir de langage commun. Le premier lien que tisse Ren après sa fuite est avec un « bébé souris ». Qu’il ne quitte plus. C’est tout de même le premier pas vers sa re-socialisation, alors qu’il a toute l’humanité en grippe. (C’est aussi le petit + « Kawaii » (mignon) du film!)

~

En conclusion, j’ai aimé ce film, il était divertissant, esthétiquement beau et plein de bons enseignements pour qui sait écouter. Comme très souvent dans les films d’animation japonnais que j’ai vus, il y a plusieurs manière de les regarder. Chacune aussi bonne que les autres.

J’espère vous avoir donné envie de voir ou de revoir ce film, et j’espère que vous l’apprécierez!

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