Le 8 décembre.

Le 8 décembre, Rien de nouveau sous les nuages ?

Seul chez lui, Nicolas avait réfléchi à ce livre, qu’il avait lu deux jours plus tôt. Mais aussi à la discussion qu’il avait eue avec Linda. Il en avait presque conclu que ses arguments étaient « entendables », comme il disait. Linda pensait qu’une personne ne comprend le fond de quelque chose qu’il vit, lit ou entend uniquement lorsqu’il est prêt, tant qu’il ne l’est pas, il ne comprend que ce qu’il veut. Sans doute pensait-elle la même chose pour les livres. D’ailleurs, ce que Nicolas avait entendu dans cette émission qu’il venait de regarder sur les livres semblait lui donner raison.

Il la voyait encore lui expliquer avec cette drôle d’image: ce qui se passait dans ce compte était phagocyté par l’imagination des enfants : «Tout d’abord», avait-elle dit «les informations seraient entourées, « englouties » pour protéger l’environnement, puis elles seraient transformées pour qu’elles deviennent finalement sans danger pour l’organisme, puis ce qui ne serait pas utile serait balayé. Fiou! » Il décida donc qu’il avait assez attendu pour remettre ce livre à sa juste place. Et puis, qui était-il, pour juger de ce qu’il y a de bon ou de mauvais, c’était aux enfants et à leurs parents de choisir.

Le lendemain, il était donc prêt à être lu par le monde entier… enfin presque.

« Wow… c’est quoi cette tête ? Ça va, Père… euh, Nicolas ?

Vicky ? On te voit souvent en ce moment dis donc… ? »

Nicolas tourna la tête. « Salut. Ça va, oui. Et toi ?

Bien, bien ! En fait, je passais juste dire bonjour, Linda. Je dois aller Rive Droite pour tenir le stand, mais j’avais de petits trucs à récupérer. Bon, eh bien, bon courage ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Telle un coup de vent; elle était repartie, mais il fallait dire que Linda ne semblait pas si emballée par sa visite. Il pleuvait à nouveau aujourd’hui… Nicolas en avait un peu marre de ce temps. Surtout quand il pensait au temps qu’il devait faire chez lui. Il repensait à cette chanson, qu’il avait chanté pour la fête de fin d’année de l’école, lorsqu’il était en CP. Il faisait beau et chaud, les parents préparaient des gâteaux pour la fête; ils avaient tous préparé des spectacles depuis des semaines et ils allaient les présenter aux parents qui avaient pu se libérer, en ce samedi matin, la plupart étaient là, pour les autres, leurs grand frères et grandes sœurs venaient, lui, c’était sa « mémé ».

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Quand on y pensait… chaque année dans son école, ils faisaient venir « le Père-Noël », mais il y avait vraiment quelque chose qui clochait dans tout ça, non ? Un grand bonhomme habillé chaudement alors qu’il faisait très chaud. Personne n’avait pensé à « tropicaliser le père-Noël »? Pourtant à cette époque il ne se posait aucune question. C’est vraiment bon d’être un enfant… C’était sans doute certains de ses meilleurs souvenirs de Noël, ces fêtes… alors qu’il n’aimait même pas l’école.

Peut-être était-ce aussi parce que c’était le moment où on commençait à jouer plus que travailler ? Où, plus les jours passaient, plus les classes se vidaient de leurs élèves? Ce Père-Noël venait apporter les cadeaux et s’en allait aussitôt, maintenant qu’il y pensait. Un Père-Noël Bronzé, comme on en voit jamais dans les livres! Si seulement on gardait cette manière de prendre les choses, comme un enfant bien plus longtemps…ils avaient l’immense avantage d’être plus acceptants que la moyenne, d’être plus ouverts aux bonnes choses, aussi. Ils ne ressassaient pas sans cesse le mauvais. Il suffisait de leur donner un baiser sur une blessure, un bonbon « magique » et c’était réglé.

Il n’y avait guère que les enfants et ceux que les gens un peu trop sérieux appelaient « les gentils vieillards gâteux » qui s’émerveillaient de cette manière sans être considérés comme complètement ridicules. La bienséance demandait aux personne de 15 à 75 ans d’oublier cette partie d’eux qui veut croire aux contes de fées.

Nicolas s’était perdu dans ses pensées, la vue de Vicky le faisait parfois voir les choses autrement, comme il ne s’autorisait pas à le faire en général. Aujourd’hui, il regardait à travers les carreaux, on y voyait pas grand chose, l’immeuble d’en face, et le gris du ciel par dessus, tout au plus. Plus de son tonitruant de pluie sur la tôle ondulée, un bruit de pluie sourd, étouffé, prisonnier brisait le silence de la bibliothèque presque vide à cette heure.

sign

 

 

 

~☆~

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Le 6 décembre.

Le 7 décembre.

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