Le 11 décembre.

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Le 11 décembre, Chanceux sont ceux qui ont le choix. Heureux sont ceux qui font le bon.

C’était le grand jour, enfin Nicolas allait comprendre un peu mieux dans quoi il s’était engagé. Ils étaient arrivés bien avant l’ouverture du centre commercial, ce matin là. Ils allaient être séparés en plusieurs groupes, chacun d’eux serait disposé à un étage. Leur but : racoler, expliquer, intéresser et enfin : convaincre, bien sûr. D’après ce qu’il avait vu et expérimenté lui même, Nicolas, qui était en binôme avec Vicky, ne doutait pas d’y parvenir.

« Tu commences par dire bonjour, bien sur, mais après c’est tout aussi facile, il suffit de se lancer. Quand on se rend compte de pourquoi on fait ça, c’est finalement pas grand chose. Alors… je vais te montrer… ça sert pas à grand chose de s’entêter… donc je pense que tu verra bien vite ceux que ça peut intéresser ou toucher et ceux qui s’en fichent, en général les derniers se contenteront de nous ignorer totalement, y’aura rien à faire. Ok ? »

Ce n’était pas si sorcier, il pouvait y arriver. Nicolas observa donc Vicky à l’œuvre. Ça commença bel et bien tel que Vicky l’avait annoncé… un regard qui se perdit dans leur direction. Tout ça lui paraissait si calculé, que ça lui laissait un arrière goût amer.

« Bonjour madame ! Nous organisons plusieurs repas partagés en ville pour le réveillon de Noël, pour ceux qui seront en foyer d’accueil, mais aussi pour toutes les personnes qui se retrouvent seules pour les fêtes. Nous avons donc besoin de tout ce que vous pourriez nous donner, que se soit des denrées pour les fêtes, mais aussi du temps pour aller rendre visite aux personnes seule et qui ne peuvent pas se déplacer. Le but est vraiment de permettre aux gens qui seront un peu oubliées de passer de meilleures fêtes. Je vous laisse nos coordonnées, vous pourrez y trouver toutes les informations, n’hésitez pas à en parler autour de vous ! Bonne journée et peut-être à plus tard. »

Elle laissa la dame aller vers l’entrée du magasin avec un sourire et se tourna enfin vers son apprenti: « Tu te dis peut-être qu’on a un peu l’air de commerciaux, comme ça, je sais, mais sans les informer, comment on peut espérer attirer du monde pour soutenir notre cause ? »

Nicolas se contenta d’observer au début, mais il comprit vite qu’il allait devoir lui aussi passer à l’épreuve du feu. Cette cause, il y croyait, alors il finit par se lancer. Peu assuré de son succès au début, bien qu’il voulait bien faire. C’était un peu comme lorsqu’on se lançait dans le projet un peu fou d’écrire sans savoir la fin de l’histoire, ni même vraiment le milieu. Avec seulement l’envie irrépressible, presque folle d’écrire…parce que certaines choses donnent envie de se dépasser.

Si Nicolas dût prendre sur lui la première fois, il finit vite par s’habituer. Les gens n’étaient pas faciles à approcher. Lorsqu’ils faisaient les courses, les gens étaient cloîtrés dans leurs petites habitudes et plus sérieusement encore… dans leurs budgets. Ce n’était pas facile de s’écarter du chemin qu’on a en tête; parfois on préfère mettre des œillères et avancer sans regarder autour. Nicolas aussi le faisait, Vicky le faisait, Linda le faisait… on le fait sans doute tous à un moment.

« C’est fou, quand on est là à tous les observer… ces gens qui passent avec leurs caddies totalement remplis et qui ne se disent pas qu’ils pourraient manger quelques tranches de saumon en moins pour donner deux sacs de farine, tablettes de chocolat pour qu’une dizaine de personnes puissent avoir un dessert de fête qu’ils n’ont pas… »

Qui savait ce qu’allait donner cette journée? Les humains étaient tellement imprévisibles…

 

~☆~

Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes;

Je voudrais vous parler de choses qui me tiennent à cœur encore plus lors de ces mois de décembre, depuis toutes ces années, je me dis que je vais écrire, que je vais dessiner et je ne l’avais toujours pas fait. La qualité n’est pas celle que je souhaite, je ne prétends pas faire quelque chose de ni très bien ni très intéressant,… mais juste, un petit challenge que je me lance aussi cette année. Parce que parfois, pour apprendre à marcher, il faut tomber.

Je tiens déjà à remercier ceux et celles qui prennent le temps de lire ce que j’ai déjà écrit et qui continuent, qui découvrent et qui osent apprécier! ^^

Je vous invite à consulter la page du secours populaire. Chaque année, ils organisent de nombreuses manifestations et actions pendant cette période. Je me souviens toujours de cette affiche que j’ai vu il y a quelques années… il suffit parfois d’un rien pour rendre quelqu’un plus heureux, alors peut-être que ce « rien » pour vous sera un « beaucoup », un « merveilleux » pour quelqu’un d’autre.

Merci énormément.

Précédents:

Le 6 décembre.

Le 7 décembre.

Le 8 décembre.

~☆~

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. khaneety dit :

    J’ai beaucoup aimé ce petit texte, et c’est une bonne chose de sensibiliser les gens à ce genre de cause. De se secourir les uns les autres.
    C’est si facile de craquer 100€ dans un magasin de vêtement et de dire dans la minute qui suit « je n’ai pas d’argent » à un sans abris…
    Le monde ne tourne pas rond. Il fut un temps, dans la grèce antique, où l’aumone était de rigueur, même obligatoire. (bon, c’est également une époque où les femmes étaient mal considérées et où l’esclavage était une norme… on peut pas tout avoir hélas)

    Je rêve d’un monde meilleur, qui ne marche pas sur la tête.
    Et ta sensibilité nous ramène à des choses importantes, et essentielles.

    Joyeuses fêtes à toi aussi, et merci pour ces jolis textes 🙂

    J'aime

    1. Merci beaucoup. Le problème est qu’il est devenu très difficile d’avoir confiance en ces gens qu’on croise, de nos jours. Peut-être que c’est aussi une des raisons pour lesquelles les personnes sont plus repliés sur elles mêmes? Mais, parfois, même dans nos propres familles, dans les gens qu’on dit aimer, certains sont en détresse, et ça, c’est encore pire… Je ne me retrouve pas très bien dans cette profusion de cadeaux et de choses comme ça, au lieu de se demander ce dont les gens ont vraiment besoin ou veulent vraiment parfois, on donne des choses « parce qu’il faut »… c’est triste.. Je pense que partager quelque chose de simple avec quelqu’un qui en a besoin, ça c’est chouette. J’espère que « plein » font ce choix, mais c’est pas toujours évident, il y a tellement de pression sur tout ce qu’on fait à présent, tellement de jalousie et de choses négatives… c’est dur et je comprends que les gens ne font pas d’écarts, même pour une chose plus belle encore (si c’est pour que quelqu’un boude toute l’année parce qu’on a pas fêté le nouvel an avec lui qui avait prévu de faire une grande fête…)… enfin, quoi qu’il en soit, je rêve comme toi, d’un monde qui ne marche pas sur la tête.
      J’espère que même avec des tout petits mots, on arrive à faire sourire et/ou à faire prendre conscience d’une chose, parfois. Ou du moins, aider à réfléchir sur ce qu’on fait tous de notre temps.

      Merci beaucoup pour tes mots. 🙂

      Aimé par 1 personne

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